DoubleClick est une régie publicitaire en ligne créée en 1996. Sa particularité est de s'être spécialisée dans la publicité "sur mesure" aux internautes. Mais si la firme est en bonne santé financière, elle souffre d’une mauvaise image notamment liée au caractère intrusif de ses pratiques. La régie s’est rendue célèbre pour ses bannières animées agressives mais aussi pour l’installation de cookies "mouchards" sur les machines des internautes.

Ces pratiques contestées ont amené l’Union Européenne à enquêter sur la faisabilité d’une telle opération et sur les garanties de protection de la vie privée des Internautes, retardant ainsi l’officialisation de l’achat de quelques mois.

L’aval de la commission européenne permet à Google de renforcer un peu plus la mainmise qu’il a déjà sur le marché de la publicité en ligne. Le géant de la recherche en ligne s’octroie, en plus de la solution logicielle, un vaste réseau de clients et d’éditeurs présents en Europe et en Asie.

Ce rachat est également stratégique car il permet d’isoler Microsoft sur le secteur, la firme de Redmond convoitant également la société depuis longtemps.

Mais le plus important pour Google est assurément de pouvoir renforcer le ciblage et la pertinence de ses messages publicitaires en permettant à ses clients de générer un trafic toujours plus qualifié.

Il va falloir attendre quelques semaines voire quelques mois pour savoir comment va se structurer la nouvelle offre mais une plate-forme commune et centralisée de gestion des liens sponsorisés et des bannières publicitaires va être créée. Un premier service baptisé Google Ad Manager vient d’être lancé en phase de béta test privée. L’outil doit permettre de simplifier la gestion de l’affichage des différents formats publicitaires sur un site.



D’autres outils feront leur apparition au fil des semaines et de profondes modifications sont attendues sur le marché de la publicité en ligne. D’autant plus que ce rachat intervient alors que Google a annoncé voici quelques semaines un partenariat avec Publicis pour tirer profit de l'expertise des deux sociétés aussi bien sur le marché publicitaire « traditionnel » que sur le Web.